7 points communs entre le sport de haut niveau et le monde des startups

“N’importe qui peut être un entrepreneur” : c’est le slogan (traduit bien sûr) qui est prôné partout par TheFamily. Ils accompagnent les startups européennes depuis 2013 dans le but de faire émerger cet écosystème en Europe. 

Personnellement cela fait moins d’un an que je m’intéresse au milieu des startups, car, pas que j’étais méfiant de ce monde, mais je ne le connaissais pas du tout. J’avais d’autres occupations et centre d’intérêts. Mais qu’est-ce qu’un jeune étudiant de Fac pourrait bien avoir comme activité extra-scolaire ?

Vous allez me dire : des soirées à n’en plus finir comme le film Projet X ? mais non je n’étais pas ce type d’étudiant parce que j’avais une situation bien particulière…

J’étais sportif professionnel évoluant en première ligue française de mon sport. Mais pas n’importe quel sport ! J’étais gardien de l’équipe de Water-polo à Noisy-le-Sec et je disputais des matchs contre toutes les équipes de Pro A (première division française).

J’ai appris beaucoup sur moi et sur les autres durant ces années, et plus j’ai découvert le modèle startup, et plus je m’y reconnaissais.

Mais quel est le rapport entre le sport de haut niveau et le monde des startups ? Et bien au fur et à mesure de mon exploration du monde des startups, j’ai trouvé pas mal de points commun qui me font aimer ces deux mondes ! J’en dénombre 7 et je vais vous les présenter.

 

#1 L’avidité de la performance.

 

Lorsque l’idée de performance et du monde des startups s’associent dans ma tête, je pense naturellement à l’interview d’Oussama Ammar dans Nouvelle école. Ce podcast (à écouter absolument !) interview des personnalités françaises inspirantes dans le but de trouver un sens à sa vie.

Dans cette interview, Oussama nous ancre cette terrible phrase : “Le but c’est d’être légendaire”. On peut rapprocher cela avec les startupeurs qui rêvent pour beaucoup de créer le nouveau Facebook. Légendaire pour une startup pourrait s’apparenter au concept des Unicorn : ces fameuses startups valorisées à plus de 1 milliard de dollar ! Les fondateurs ayant cet objectif se doivent de créer l’exploit.

Au-delà de la création d’exploit comme on pourrait l’appeler tellement la réalisation est difficile : il y a une énorme recherche d’optimisation dans le monde des startups. Toujours, elles cherchent à s’améliorer, à trouver les méthodes d’acquisitions optimales ou les nouvelles techniques pas encore connus de leurs concurrents. Pour cela elles réalisent des tests et essayent de nouvelles choses constamment pour atteindre la performance.

L’efficacité est recherchée par les fondateurs de startups, car ils désirent être les meilleurs dans leur domaine : tout comme les sportifs de haut niveau !

La performance est l’essence même de sport : et c’est encore plus vrai à haut niveau, car pour y accéder, le sportif se doit d’être performant. Il ne veut pas forcément être légendaire, mais il veut en tout cas être le meilleur : ce qui relève de l‘exploit. Lorsque l’on regarde les sportifs participant aux Jeux Olympiques, on peut assister de ce qui relève de l’exploit dans la performance du corps humain. Vous pourrez penser naturellement au biathlète Martin Fourcade et ses 7 médailles olympique ou Teddy Riner et ses 3 médailles olympiques dont deux en or !

Le sportif de haut niveau accède à la performance grâce à la répétition. On peut l’apparenter aux “tests & learn” du milieu des startups. Un sportif pratique un mouvement de mille manières différentes avant d’accéder au geste optimal qui lui permettra d’avoir le geste optimisé pour établir un record ou être plus efficace.

Pensez aux nageurs qui pour gagner un millième, enchaînent les longueurs de bassins dans la douleur et la souffrance mais en se concentrant sur un élément de leur nage pour l’améliorer. C’est que l’on peut faire quand un fondateur cherche à lever des fonds, en pitchant leur idée à des centaines de contacts et en essayant de les convaincre d’investir dans leur boîte. Est-ce que la douleur physique du nageur est plus dur que la douleur psychologique causé par le rejet des investisseurs ? Tout dépend des individus… Mais à la fin : cette douleur permet la performance à la fois du nageur et du fondateur dans la tâche qui voulait accomplir, et dans leur détermination qui leur permet d’avancer.

Comment être performant comme un sportif ?

L’important est de rester concentrer. Il faut se focaliser sur son projet, et savoir quels sont les points que l’on souhaite améliorer. La priorisation est quelque chose d’indispensable si vous voulez ne pas vous éparpiller et avancer vers vos objectifs. C’est exactement ce que disent Bill Gates et Warren Buffet pour la raison de leur succès, c’est la concentration (focus dans le texte.).

 

#2 La persévérance : le nerf de la guerre.

 

Clairement, ni le sportif de haut-niveau, ni le fondateur de startup n’ont choisi une vie calme et paisible. Ils doivent tous les deux être forts aussi bien mentalement que physiquement.

Mais que signifie donc le mot persévérance ?

Définition LaRousse dictionnaire : “La persévérance est la qualité de quelqu’un à demeurer ferme et constant dans ce qu’il a entrepris”.

Donc c’est la capacité à ne pas laisser tomber son projet malgré les difficultés. Aussi bien pour un sportif que pour un startupeur, cette compétence est essentielle, car les deux vont rencontrer beaucoup de difficultés, que ce soit des difficultés techniques et physiques qu’ils vont devoir surpasser, mais surtout des capacités mentales.

Le mental est un aspect essentiel pour ceux qui veulent accomplir un exploit. Les grands sportifs sont des exemples en la matière tellement ils repoussent leurs capacités physiques au-delà des limites de nos simples corps d’homo sapiens.

Prenons l’exemple des apnéistes qui arrivent à battre des records sans respirer que n’importe quel être humain normalement constitué serait incapable même d’approcher la moitié. Le record d’apnée dans le temps est de 24 minutes et 3 secondes et le record d’apnée en profondeur est de 214 mètres quand même ! Mais ces records ne sont obtenus qu’après des années de pratiques quotidienne et de travail (sur soi).

Les chiffres d’entrepreneurs et startupeurs qui ont explosé des records grâce à leur persévérance ne sont pas personnel mais c’est ceux de leur boite. L’exemple de l’entrepreneur Phil Knight, fondateur de Nike, dans le très bon livre “L’art de la Victoire” est un très bon exemple. Le 24ème homme le plus riche du monde a commencé en vendant des chaussures à l’arrière de son coffre dans les stades d’athlétismes. Il lui a fallu une quinzaine d’années pour amener Nike au sommet des ventes de chaussures de sport aux Etats-Unis mais pendant tout ce temps il a continué son travail salarié pendant toutes ces années pour lui permettre de continuer de vivre : si ça ce n’est pas de la persévérance !

 

#3 Des sacrifices comme s’il en pleuvait.

 

Les sacrifices sont monnaies courantes dans le deux mondes, car ils font partie de la performance. Sans sacrifice, il ne peut pas y avoir d’exploit. Ce n’est pas lié forcément si l’activité est exercée de bon cœur, mais plutôt à tout ce qui est laissé de côté pour avancer dans cette activité.

Le monde des startups toujours plus exigeant, pousse ses fondateurs à sacrifier une grande partie de leur vie dans leur “bébé”. On peut prendre l’exemple des fondateurs de Airbnb qui pendant des années, en plus de créer le monstre que l’on connaît aujourd’hui, ont vécu dans des Airbnb eux-mêmes. Ce fut un sacrifice d’une potentielle vie de famille, mais aussi d’un confort relatif, et de beaucoup de leur temps.

Pour les sportifs, il y a les mêmes sacrifices. Le temps est aussi ce qui est le plus sacrifié au profit de leur activité physique. Les sportifs de haut niveau s’entraînent en moyenne 2 fois par jour et ont besoin de sieste entre ces deux entrainements pour reposer leur corps. Toute leur vie est articulée autour de ce dernier, comme la nourriture, l’hygiène de vie stricte, ou encore des passages chez le Kiné. Tout cela est au dépit d’une vie calme et paisible, avec la sécurité d’un CDI (les sportifs ont des contrats spéciaux en CDD renouvelables sans limite par leur club.).

Au final le travail des sportifs et fondateurs de startups a payé et le jeu en valait la chandelle pour eux mais combien de sportifs et de fondateurs en herbe n’ont pas eu le même succès et ont sacrifié des années de leur vie dans un objectif qu’ils n’ont pas su atteindre. Le biais du survivant nous empêche de voir tous les échecs et nous nous concentrons sur ceux qui ont réussi alors même que leur succès peut être basé sur la chance.

Je suis partisan de dire que toute expérience dans la vie nous forge et que ces sacrifices nous permettent tout de même d’acquérir des compétences très utiles.

 

#4 Cela forge des compétences et des Hommes.

 

Les fondateurs de startup et les sportifs de haut niveau acquièrent des compétences similaires dans l’exercice de leurs activités. La première de ces compétences est la compétence mentale. Nous en avons déjà parlé en parti avec la persévérance qui est une partie du mental de tout bon fondateur et sportif, mais on peut citer aussi la confiance en soi. 

Parce que le fondateur porte sur ses épaules toute une vision, il se doit d’avoir confiance en lui pour accomplir cette vision. Le doute est très dangereux, car il mène à l’inaction. C’est la même chose pour le sportif qui a besoin de cette confiance pour redoubler en performance. Mais cette confiance en soi se construit au fur à mesure. Elle est mise à mal tout au long du processus pour la forger et l’ancrer au plus profond de l’acteur de ces exploits. Tout comme le forgeron qui forge son épée à coup de marteau, la confiance en soi est mise à mal par les épreuves sur leur parcours, pour finir solide et forte au cours du processus.

Bien sûr le doute est quelque chose d’humain dont nous sommes tous proies. Mais les personnes réalisant des choses incroyables dans l’écosystème startup et dans le sport de haut niveau arrivent à passer au-dessus ou à la mettre de côté pour avancer et abattre les obstacles uns par uns vers l’objectif qui s’appelle “succès”.

La compétence technique est aussi l’essentiel et le nerf de la guerre pour toute personne voulant aller loin. Et il n’y a pas 1000 méthodes pour acquérir ces compétences techniques si importantes : tout est une question l’entraînement qui s’entend aussi bien d’un point de vue sportif que d’un point de vue startup.

La notion sous-jacente à cette notion d’entraînement est la répétition. Plus la personne va faire de choses plus il va faire des erreurs. Mais on est exactement dans le “test & learn” du monde des startups. Les erreurs font partie du processus, et elles permettent de s’améliorer constamment lorsque l’on essaye de ne pas les reproduire. Mais grâce à celles-ci, on en ressort des apprentissages beaucoup plus ancrés que les notions que vous pourrez lire dans un livre. C’est l’école de l’expérience et de la vie.

Alors la répétition englobant toutes les actions que l’on répète dans l’accomplissement de son objectif, est le seul chemin possible aussi bien pour les sportifs de haut niveau que les fondateurs de startups pour atteindre leurs objectifs.

 

#5 La psychologie des acteurs de ces milieux : un jeu intérieur incessant.

 

Tomothy Gallwey dans son livre “the Inner Game of Tennis”, montre que le jeu intérieur qui se passe dans la tête des personnes qui “performent” une pratique est la chose la plus importante si on veut très bien “performer”.

Il prend l’exemple des joueurs de tennis en parlant de la partie de soi qui ne réfléchit pas et juste se dépasse, et la partie qui pense de trop et déstabilise le jeu du tennisman. On peut voir grâce à ce livre que l’inner game (=le jeu intérieur) est important pour les sportifs de haut niveau.

Mais il est tout aussi important pour n’importe quelle personne qui veut se dépasser dans un domaine. Et c’est le cas des fondateurs de startup qui veulent révolutionner un marché ou réaliser quelque chose que personne n’a déjà fait.

Dans cette notion de performance, les deux mondes se rencontrent et les individus sont emprises aux mêmes jeux intérieurs qui les font douter, avoir des baisses de régimes, ou d’autres conséquences positives ou négatives.

La confiance en soi mentionnée plus haut est aussi très importante pour gagner la partie dans son jeu intérieur. Mais les personnes qui réussissent à le maîtriser accomplissent en général de grande chose, car ils deviennent maîtres de leur corps et de leur esprit.

Pour limiter les conséquences négatives, chacun de ces deux mondes ont créé une communauté qui se rassemble autour d’un sentiment d’appartenance.

 

#6 Un sentiment d’appartenance réel ! Une communauté entre compétition et passion.

 

Le monde d’est startup est un monde en expansion dans le monde aujourd’hui. Si nous parlons de l’écosystème français, nous avons aujourd’hui plus de 10 000 startups, et cela va augmenter dans les prochaines années.

C’est un tissu très hétéroclite dans la composition des types d’entreprises que cela représente. Malgré cela, le ralliement au projet d’un nouveau paradigme des fondateurs de startups est total.

Mais au fait comment définit-on une startup ?

Une startup peut se définir en 3 caractéristiques :

  • Elle doit avoir une croissance potentielle très élevée.
  • Elle nécessite de l’innovation dans ses technologies, ou ses services.
  • Elle a besoin d’un financement.

Ces critères regroupent une structure large mais néanmoins ils créent un sentiment d’appartenance chez les fondateurs de startup.

Si l’on prend l’exemple de The Family, comme son nom l’indique il y a un fort sentiment d’appartenance à un mouvement. Les startupeurs se rassemblent pour se soutenir et s’échanger des bons conseils pour réaliser des exploits et disrupter les marchés existant.

Le sentiment d’appartenance au sein des startups se fait en général plus ressentir que dans les entreprises traditionnelles, car il y a aujourd’hui un mouvement prônant l’inclusion des employés dans le projet et la vision de la startup. En général, ces derniers choisissent délibérément d’aller travailler dans les startups car il s’agit d’un travail exigeant mais qui peut avoir plus de sens que le travail dans les grands groupes.

Ce sentiment d’appartenance est aussi bien présent dans le sport. Il y a juste à voir les fédérations qui sont créées autour des passions communes des communautés de chaque sport.

Ensemble ils n’entendent peut-être pas disrupter des marchés mais ils désirent attirer des nouveaux pratiquants vers leur discipline. On a qu’à voir comment l’équipe de France de Football vainqueur de la Coupe du Monde attirent de nombreux jeunes dans la pratique du football.

Les équipes de sport sont des terreaux très fertiles pour ces sentiments d’appartenance. On rapproche cela de l’idée en psychologie de tribalisme. L’être humain a tendance à trouver des adversaires pour construire une tribu unie. Dans le cas du sport, il s’agit des équipes qui sont très soudés pour essayer de gagner leur championnat.

Les deux mondes sont en général aussi poussés par la compétition qui leur permettent de donner le meilleur d’eux-mêmes.

 

#7 La compétition : une guerre positive.

 

Est-ce que Ronaldo serait Ronaldo sans Messi et inversement ? Bien que ces deux joueurs de football d’exception aient un talent inné pour le football, ce talent serait resté inexploité si ces deux joueurs n’avaient pas persévéré dans leurs entraînements.

Une des raisons pour laquelle ils ont poussé très loin le développement de leurs capacités de sportifs, car ils étaient en compétition l’un contre l’autre pour être le meilleur footballeur en activité et décrocher le ballon d’or chaque année. (Ecrivez en commentaire qui est le meilleur footballeur et pourquoi ? Ca m’intéresse de savoir ce que vous en pensez.)

La compétition dans le sport est l’essence même de ce dernier, car déjà l’antiquité et les JOs antiques, on voyait des sportifs d’affronter dans des épreuves. Aujourd’hui seules les épreuves ont changé mais les JOs restent sont basés sur le même principe de compétition.

La concurrence permet d’augmenter la motivation des sportifs pour développer leurs capacités. Ils sont guidés par leur désir de s’améliorer et de devenir les meilleurs. Ils s’entraînent régulièrement pour devenir les meilleurs dans leur discipline et gagner des récompenses, symbole du succès.

Sans compétition, il n’y aurait pas de motivation suffisante pour les sportifs de repousser les limites de leur corps et établir des exploits dans leur discipline.

C’est exactement la même chose pour le monde des startups. En général, une startup s’attaque un marché établit vieillissant et met “un coup de pied dans la fourmilière” en disruptant ce marché. La compétition se fait alors entre les startups et les entreprises traditionnelles. Cette compétition est saine car elle permet des innovations dans le marché, et sont bénéfiques pour le consommateur final.

La compétition se fait aussi entre startup malgré la cohésion de cet écosystème, car la réussite ira à celui qui exécutera le plus vite et le mieux. On voit souvent de grosses levées de fonds qui permettent à des startups de passer à la vitesse supérieure et de supplanter la concurrence. Ces grâce à cela qu’aujourd’hui, on voit que les GAFAM ont réussi des exploits qu’il y a une vingtaine d’années on pensait impossible.

Ainsi cette concurrence est saine et permet la réalisation d’exploit dans les deux milieux aussi bien sportif que startup.

 

Conclusion :

 

Bon voilà, je vous ai présenté les 7 aspects communs entre le monde du sport et celui des startups basés sur mon expérience personnelle dans les deux milieux. Il y a plus de similitudes que l’on pourrait imaginer de prime abord. Je pense qu’un sportif a développé des capacités qui lui seront utiles dans sa vie professionnelle mais particulièrement dans le monde des startups qui estime lui aussi beaucoup la performance et la remise en question.

Si vous pensez que j’ai oublié des points communs écrivez le en commentaire et si vous voulez que l’on discute des points communs entre les deux milieux, ajoutez-moi sur Linkedin (Alexandre Gueddar) et nous pourrons échanger avec plaisir et rentrer plus en profondeur avec nos expériences personnelles sur le sujet.